Je ne suis pas une maman qui culpabilise vraiment de la manière dont j'élève mes enfants. Pourtant je suis consciente que pas mal de mères souffrent de tout ce poids que l'on fait peser sur leurs épaules. Moi même, pour l'empereur, on a voulu me mettre sur le dos son côté empoté et rêveur parce que et je cite " je le couvais trop". Ca a marché un temps et puis petit à petit plus du tout. J'ai des doutes, plein, des interrogations, par centaines, et même en étant maman pour la troisième fois, je ne cesse jamais de me remettre en question parce que je crois qu'on ne peut jamais être sûre quand on est mère que l'on fait forcément bien. Je ne serai pas une bonne candidate pour écrire des guides sur la façon d'élever ou d'éduquer les enfants.Mai sje fais juste de mon mieux.
Je ne culpabilise pas donc, mais par contre, j'en ai vraiment assez de devoir me justifier sur l' état de Jajaja ( à qui je cherche un autre surnom parce que j'ai du mal à supporter celui ci ces derniers temps, car seul un mexicain pourrait le comprendre et à priori vous n'etes pas mexicain ).
C'est toujours la même rengaine. Au chauffeur de taxi qu'on a jamais vu et qui nous emmène chez l'orthophoniste, au médecin qui vient l'ausculpter à la maison, au livreur de courses, au facteur, à la vieille camarade de classe, je dois encore et toujours répéter les mêmes choses.
Il ne dit pas bonjour ? Non il n'est pas malpoli, c'est juste qu'il ne parle pas. Il a une maladie alors ? A ma connaissance pour l'instant non mais on n'exclut pas une raison médicale. Vous devriez le mettre à l'école ? Ce n'est pas faute d'avoir essayé mais c'est l' école qui n'a pas voulu de lui. Il rit, crie, pleure fort, mais qu'est ce qu'il a ? Rien mais comme il ne sait pas s'exprimer autrement que par des sons ou des gestes, forcément quand il extériorise ses émotions, on le voit, on l'entend.
Je ne compte plus le nombre de fois oui j'ai à faire face au regard des gens, à leurs messes basses, à leur fausse compassion qui les poussent 15 minutes plus tard à aller dire que mon fils a un problème dans le meilleur des cas, voir qu'il est débile dans le pire.
Leur expliquer qu'il n'était pas comme ça avant serait une pure perte de temps.
Si moi j'en souffre, je suppose que lui aussi, mais comme il ne peut pas me le dire pour l'instant je reste avec mes suppositions et mes peines. Et je tente de le protéger au mieux, en plus de me protéger moi même car forcément je suis blessée dans mon coeur de mère. Son grand frère aussi d'ailleurs, à qui quand j'ai annoncé hier soir que Sacha ( oui je préfère l'appeler par son prénom, ça a quelque chose de beaucoup plus humain ) allait retourner à l'école en Septembre m'a juste dit " qu'il avait vraiment peur qu'il se fasse encore renvoyer ". Je sais que cet épisode a vraiment été très difficile pour toute la famille. Il était si fier d' accompagner son petit frère à l'école, et depuis je sais qu' il y pense souvent. Parce qu'il n'a peut être que 7 ans mais il se rend parfaitement compte de la situation.
J'ai juste envie qu'on le laisse vivre, qu'on le laisse respirer, qu'on regarde plus loin que cet absence de paroles. Il ne dit peut être rien mais il sait très bien se faire comprendre autrement.
Un jour, quand il parlera, et il parlera, je l'emmenerai revoir tous ces gens qui nous ont fait tant de mal, volontairement ou pas, et je leur montrerai que tu n'étais ni malade, ni idiot, ni malpoli. Je ne leur souhaite même pas du mal, ce n'est pas mon genre, et ça serait leur donner trop d'importance. Je souhaite juste que qu'il prenne sa revanche sur tous ceux qui l'auront blessé et à qui il ne pouvait rien dire à l'époque.
Avec la scarlatine, il a été bien à plat ces deux dernières semaines. Alors quand Zozo a proposé une balade en fôret Dimanche, j'ai pensé moi aussi que ça ferait du bien à tout le monde. Au milieu des arbres centenaires, juste en face du Mont Ventoux, on ne pouvait que se ressourcer.
Meme si ça fait un petit moment qu'il n'est plus en poussette, avec la fatigue de ces derniers telmps justement, on l'avait prise par sécurité. Il y est allé un peu mais il a surtout courru partout, ramasser des batons, escalader des troncs, jouer avec son frère...
Il était libre, il était heureux, insouciant, avec personne pour le juger, et nous,avec son papa, on a eu l'espace d'un après midi le coeur vraiment léger.
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