
En vieillissant soi même on voit la beauté qu'il y a dans ceux qui sont encore plus âgés que nous et c'est exactement ce que je ressens avec mes parents, la peur de les perdre venant certainement accentuer tout ça.
Il y a des jours ou je ne me rends absolument pas compte qu'ils vieillissent et je les vois presque comme lorsque j'étais enfant, les cheveux blancs et quelques rides en plus.
Et puis il y en a d'autres ou j'ai l'évidence sous les yeux et ou parfois je les referme très vite pour faire comme si ce n'était pas vrai.
Hier alors qu'on se promenait en haut de notre colline, on a croisé mon papa par hasard. Comme chaque année il part chercher de la mousse, du sable, des branches et même du houx pour sa traditionnelle crèche provençale de Noel. Il ne plaisante pas avec ça, et moi j'attends qu'il la fasse comme quand j'avais 6 ans.
L'agrume qui est en amour total avec son papy a voulu descendre de sa poussette et ils ont fait un bout de chemin ensemble. Et vous connaissez peut être ma sensiblerie, peut être même la partagez vous, mais quand je vois mon père avec mes enfants je ressens toujours une émotion très forte.
Je mesure cette chance qu'ils ont d'avoir un grand père aussi aimant, disponible, rigolo, grognon aussi parfois, nul n'est parfait. Celle aussi qu'il ait pu connaitre tous ses petits enfants et inversement.
Si c'est un pilier dans ma vie, il l'est également dans la leur et on partage ça en plus de tout le reste.
A la différence des enfants, malheureusement je dirai, je me rend compte du temps qui passe, et encore plus hier lorsque j'ai regardé une photo que j'avais pris de mon père et de mon fils, et comme je l'ai écrit sur instagram, je le vois ce poids que les années qui passent lui laissent sur les épaules, je vois la fatigue d'une vie bien remplie, d'un travail usant, j'aperçois la courbe de son dos qui se voute un peu plus et j'ai peur.
C'est difficile de se dire que les gens qu'on aime ne sont pas éternels et tant qu'on est enfant, même à la vingtaine, ça nous parait bien loin tout ça et on en rigole quand au détour d'une conversation est ajouté un "si je suis encore là". On pense toujours que les parents sont éternels.
Plus le temps passe et moins cette phrase nous fait rire alors je suis peut être lâche et tant pis, mais je préfère mettre un mouchoir dessus
Plutôt que le poids sur ses épaules, je pense à son incroyable sourire et je remplace la fatigue par sa gentillesse.
Chaque nouvelle année à ses côtés, chaque anniversaire, chaque Noel, chaque je t'aime et je ne le dis pas assez, sont du coup à prendre comme des cadeaux
Tous instants passés à ses côtés sont précieux et j'espère ne pas avoir perdu trop de temps en ne m'en apercevant pas avant.
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