Le souci de quelqu'un comme moi qui vit au jour le jour, et qui partage l'existence de quelqu'un d'assez similaire c'est je crois que je ne m'imagine rien pour les 2, 5, 10 ans à venir. Dans les grandes lignes oui bien sûr mais dans le détail jamais. Ca ne m'empêche pourtant pas d'avoir des rêves, des projets, des ambitions, mais rien de très précis ni concret. Je n'arrive déjà pas à réserver des vacances d'été alors pour ce qui de prévoir un peu de mon futur, on repassera.
J'admire pourtant les gens qui savent faire ça. Sont ils plus confiant que moi en leur avenir je l'ignore. Mais je me souviens que j'étais comme eux avant et que ça me rassurait.
Tout a changé dans ma façon de vivre, comme je l'ai déjà écrit en début d'année avec Jajaja et son handicap. Ca vous change une mère, des parents, une fratrie, une famille mais pas négativement. Ca rend différent mais meilleur aussi. Et ça pousse à apprécier le quotidien, l'instant présent. Chaque instant peut être synonyme de progrès, d'un sourire ou d'un mot qu'on attendait pas, alors souvent je ne vais pas chercher plus loin parce que tout ça c'est déjà beaucoup.
Le temps est comme suspendu, involontairement parce qu'on se met à vivre comme ça tout naturellement mais volontairement aussi parce qu'en ce qui me concerne j'appréhende de penser à plus tard, à son plus tard.
Ne pas savoir si il pourra poursuivre une scolarité normale, si il parlera, si le système va l'exclure, si il aura toutes ses chances, si un diagnostic sera posé, tout ça fait un grand tout auquel pour l'instant je ne préfère pas trop penser.
Parce que si j'ai ça en tête tout le temps, j'ai peur de ne plus trouver assez de force pour l'aider, de baisser les bras trop vite à la moindre difficulté, de manquer de force, que tout mon courage s'étiole, et ça je ne veux pas, je ne peux pas, parce que je crois en lui, en nous tous réunis.
Mon fils me prouve chaque jour que j'ai raison alors je vais faire les choses au jour le jour, comme lui en fait qui est tellement dans le moment présent, et qui sait si bien profiter de chaque chose.
Et même si dans 2 ans, c'est un peu demain, je préfère me dire sans lâcheté aucune que demain c'est loin
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