Hier après midi je suis partie me balader avec les enfants. Seule avec les trois parfaitement, la routine pour certaines mais pour moi c'est toute une organisation, au moins 15 minutes de courses avant afin de rassembler les troupes, 5 litres de sueurs perdus, 2 chaussettes et une chaussure qu'on ne trouve plus, c'est bien simple avant même d'avoir franchi le seuil de la porte, je suis en nage.
En ce moment, c'est peut être la saison, j'aime bien les emmener dans la colline, dans des petits sous bois qui sentent bon les feuilles qui tombent, les glands écrasés, les pins et les champignons qui commencent à pointer le bout de leur chapeau.
C'est sur ce petit chemin que j'ai croisé Y, elle était seule. On a un peu discuté, la famille, les enfants, le temps, et à la fin de notre conversation elle a ajouté "toi t'es une vraie maman" , avec presque des larmes dans les yeux. Je sais que ça n'a pas toujours été facile avec sa mère, qu'elle souffre encore aujourd'hui de justement ne pas l'avoir trouvé assez mère avec elle, et ça m'a beaucoup touché qu'elle dise ça.
Je n'ai pas pensé que j'étais mieux que les autres, que la voisine, qu'une copine, que ma propre mère, c'est sa vision à elle qui m'a ému parce que personnellement je ne me suis jamais demandé si j'étais ou pas une vraie maman.
D'abord parce que je n'ai jamais pensé avant au terme vraie maman. Je n'ai jamais eu peut être non plus à y penser avec ma mère qui a toujours tout fait pour moi sa fille unique mais je sais que tout le monde n'a pas eu ou n'a toujours pas cette chance
Je ne me suis jamais dit qu'une telle était mieux qu'une autre. Je peux être parfois plus en accord avec certaines mamans dans leur vision de la vie, dans leur façon de faire les choses avec leurs enfants, mais ce n'est pas pour ça que je pense qu'elles sont plus aimantes, plus efficaces dans leur façon de faire, plus admirables que d'autres avec qui j'ai moins d'atomes crochus.
Il n'y a pas de vraies mamans, mais des multitudes de mères qui font de leur mieux, avec leurs moyens, leurs épaules plus ou moins larges, leur vécu, leur passé, leurs valises parfois.
Et puis ça m'a aussi fait penser à ces grands mères, dont on disait que c'était de vraies grands mères parce qu'elles parce qu'elles tricotaient, faisaient des confitures, portaient une blouse aux couleurs psychédéliques,ou donnaient une petite pièce en douce le Dimanche a la fin du repas de famille. On en est plus là et pourtant j'en entend encore souvent parler de ses vraies mamies là.
Qu'entends t-on par vraies dans ce cas là ? Authentique, vieilles, classiques ? Est ce que c'est aussi une vision comme celle là que Y a de moi. Celle d'une mère comme dans les années 50 qui ne s'occupent que de ses enfants, de sa maison, de son mari, lui apportant sa pipe et ses chausson quand il rentre du boulot ?
Bien sûr que je passe beaucoup de temps à m'occuper de mes enfants mais si j'ai pris un congé parental c'est aussi pour ça il faut le dire en plus de me réorienter professionnellement ( ça ce n'est hélas pas gagné), je suis une piètre femme d'intérieur même si je suis une accro du rangement, moins de faire la poussière, c'est mal je sais. Quand à la pipe et aux chaussons, je ne pense pas que ça plairait beaucoup à Zozo et il pourrait vous dire lui qu'il n'est pas accueilli lorsqu'il rentre du boulot avec des hourras et des bravos.
Je sais que de toute façon dans le cas présent ça m'a été dit avec beaucoup de bienveillance et ça m'a fait bizarre finalement de penser qu'alors que moi je me demande quelle genre de mère je suis depuis 8 ans, des presque étrangers puissent penser, juste en me croisant 5 minutes, que je suis une maman comme ci ou comme ça.
Je ne me suis pas sentie meilleure qu'avant, ni pire, je me suis juste dit que j'étais une maman comme les autres, de celles qui ont en commun le fait d'avoir des enfants, et qui font toutes du mieux qu'elles peuvent.
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