}
Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Vivre avec les fantômes du passé

Publié par Madamezazaofmars sur 16 Mars 2018, 09:53am

Catégories : #Zozo et les minots

 

L'agrume c'est mon bébé arc en ciel, un cadeau de la vie, ma cerise sur le gâteau de la maternité, encore faut il qu'on s'imagine que c'en est un. Il est plein de vie, il me fait rire, il m'épate et c'est du bonheur en barre que de l'avoir à nos côtés chaque jour.

Il vient d'avoir 19 mois, et en plus du temps qui passe et du bébé qui devient doucement mais sûrement un petit garçon, c'est pour moi un âge charnière, un âge qui me fait peur.

Pourquoi commencer à avoir des craintes à 18/19 mois alors qu'avant je l'ai regardé poussé sans me poser de questions ? Parce que c'est l'âge auquel Jajaja a commencé à montrer des signes qui auraient du nous alarmer. Qui nous ont sûrement alerté puisque je me souviens de ces petits changements progressifs dans son comportement comme si c'était hier.

J'ai relu de vieux articles ou je parlais de lui, de sa gourmandise, des mots qu'ils prononçaient, jamais je n'aurai pu imaginer qu'à 18 mois tout allait changer et pourtant ça semble être une période charnière lorsqu'il s'agit de l'apparition de troubles autistiques. Mais j'imagine que les parents qui n'ont jamais connu ça n'y pense même pas, comme moi je ne m'en étais jamais fait pour Jajaja avant cet âge là.

Est ce que j'ai des raisons tangibles de m'en faire pour l'agrume ? A priori aucune, mais je crois que quand on a vécu ça avec un de ses enfants, on reste sur ses gardes avec l'angoisse chevillée au corps.

Il est tout le temps dans l'intéraction ,dans l'imitation, nous montre les choses qu'il veut en les pointant du doigt, nous appelle, nous regarde dans les yeux, répond à son prénom, autant de choses qui devraient nous mettre la puce à l'oreille si ce n'était pas le cas.

J'avoue qu'avant Jajaja et la découverte de ses troubles, jamais je n'aurai pensé à contrôler tout ça, des trucs de carnet de santé on a tendance à le penser, d'autant qu'on nous serine constamment avec le fait qu'il faut laisser les enfants grandir à leur rythme.

Ne plus trop parler, arrêter de manger normalement, avoir l'air dans ses pensées, autant de choses dont on peut se dire que ce n'est qu'une passade, mais parfois ça dure un peu plus, un peu trop longtemps.

Ne pas m'en faire,c'est ce que j'ai essayé de faire pour tous mes fils, c'est ce que je fais encore, mais je ne peux m'empêcher de vivre avec les fantômes du passé, comme ça m'est aussi arrivé pour le Mistouflon au même âge..

On pourrait me dire que je cherche les problèmes là ou il n'y en a pas mais je crois que je ne peux pas m'en vouloir, qu'on ne peut pas m'en vouloir, qu'une fois qu'on a connu le parcours qu'on a vécu avec Jajaja, ça ne peut être qu'une évidence de réagir ainsi.

D'autant qu'à contrario de beaucoup de personnes qui se demandent si il était bien raisonnable qu'on refasse des enfants après avoir eu Jajaja, je ne me suis jamais posée ce genre de question.Peut être par inconscience, peut être par espoir car je me fis aux progrès de mon fils, à mes espoirs aussi sûrement, certains me traiteront d'utopiste ou diront que je me mens à moi même, mais il n'en est rien. J'ai trop d'exemples autour de moi pour baisser les bras.

Je vais donc continuer à regarder grandir l'agrume, avoir le coeur plein lorsqu'il me fait ses grands sourires, essayer d'être le meilleur public de la terre lorsqu'il fait le clown, lui répondre le matin même à moitié ensuqué quand il me lance des tonitruants coucous, être heureuse quand il finit toute son assiette, aller de l'avant toujours.

Mais accepter d'avoir peur aussi même si ça n'évite pas le danger.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

M
Je n'ai qu'une fille mais j'ai découvert le sens des mots "peur" et "inquiétude" dès le test de grossesse.<br /> Ses longs mois de mutisme nous ont flingué et à la fois donné une leçon. Ca fait partie de son histoire, du passé avec une lourde prise en charge (bidon). Nous ne souhaitons pas agrandir la famille mais si on avait voulu, on aurait été hyper stressé.
Répondre
B
en tout cas cette "petite sardine" est à croquer <br /> ;)
Répondre
M
Merci :-)
B
Une de mes cousines, appareillée pour surdité depuis très jeune, a récemment été diagnostiquée autiste asperger. Je me souviens de conversations avec sa maman, bien avant le diagnostic, où j'étais fascinée par la différence de réaction entre cette jeune fille et son petit frère (lui aussi sourd) suite à l'implant; elle avait vu le petit s'ouvrir au monde, avide de sons, alors qu'elle n'avait jamais eu cela avec sa grande à l'époque de son appareillage. Quand je m'en étonnais, elle me répondait "tu sais tous les enfants réagissent différemment". Je crois qu'il est bien difficile de faire la part des choses entre une "lenteur" due à un rythme différent, à un caractère, une sensibilité différente, ou à un trouble...je comprends d'autant plus votre questionnement et vos inquiétudes! Difficile de s'en départir. D'autant que si je comprends bien, Jajaja a eu un développement tout à fait classique jusqu'à ses 18 mois? Puis a soudain commencé à régresser?
Répondre
M
Oui c'est exactement comme ça que ça s'est passé d'ou mes craintes parfois
E
Je pense que je comprends un peu ce que tu vis. J'ai eu la leucémie à 11 ans, ma tante est morte d'un cancer généralisé quand j'en avais 17, ma maman a eu un cancer du sein quand j'étais enceinte et du coup, il n'y a rien à faire, le cancer est toujours dans un coin de ma tête et quand mon fils a une plainte qui me semble "anormale", ce gros fantôme ressurgit...
Répondre
M
Je n'ai pas vecu ça mais je crois que je vois exactement ce que tu veux dire
M
Il me semble normal que tu sois plus attentive.<br /> Bien que je n'ai pas d'enfant handicapé, je crois qu'il y a toujours un moment auquel je me suis inquiétée de passer à côté d'un truc qui cloche.
Répondre
M
C'est vrai, tu as tout a fait raison, avec ou sans handicap il ya toujours matiere a s'inquieter
M
Il est tout à fait normal que ces angoisses réapparaissent maintenant. Mais de ce que tu nous dis sur ton loulou, je pense que tu n'as aucune inquiétude à avoir... profite à fond de ton loulou, essaie de regarder devant et pas trop en arrière... C'est surement très compliqué mais essentiel !<br /> <br /> Virginie
Répondre
M
J'y arrive la majorité du temps mais parfois un bad trip est vite arrivé, aussi vite venu que reparti, mais c'est toujours assez stressant
A
Il me semble tout à fait naturel que les inquiétudes planent compte tenu de ton parcours. Nous avons toutes des fantômes liés à notre histoire. <br /> J'ai un conseil à te demander si ça ne t'embête pas : je suis maîtresse en petite section et j'ai un élève qui présente beaucoup de signes qui m'inquiètent alors que les parents ne voient pas de problème. (l'enfant ne réagit pas à son prénom et n'a aucun accès au langage, il ne semble pas comprendre ce qu'on lui dit, il ne va pas aux toilettes, ne pointe pas du doigt, n'établit pas de contact visuel et pleure énormément car il est très angoissé.) Je voudrais amener les parents à consulter au moins un pédiatre pour faire un bilan, mais ils n'en voient pas l'intérêt. J'ai réussi à faire venir la psychologue scolaire pour observer ce petit garçon, mais l'entretien qui a suivi avec les parents a été tendu avec comme conclusion que je devais ficher la paix à leur fils. Je suis désemparée de voir tous les jours ce petit garçon en souffrance et je voudrais des pistes pour rétablir le dialogue avec les parents. Ton témoignage de maman et des témoignages de maîtresses seraient les bienvenus.
Répondre
M
C'est difficile je pense si on n'a rien vu soi même de s'entendre dire des choses qu'on ne pense pas ou de se rendre compte que quelqu'un d'extérieur a la famille a vu quelque chose qu'on a pas su voir. Ou ils sont tout simplement peur d'accepter l'évidence et il la nie. <br /> Je n'ai aucun conseil mais j'espere qu'ils sauront ouvrir les yeux a temps
B
pas facile en effet <br /> j'ai eu une expérience un peu similaire avec un enfant (de6ans) qui venait par moment dans ma classe de petite section (TPS et Ps même ) plusieurs fois par semaine mais on ne me disait rien (la commission se faisait sans moi ... ... ) une maman (père?) très fermée et "sans dialogue possible "(pardon) sans doute en raison de mauvaise expérience <br /> par contre un psychologue scolaire qui a su progressivement lui expliquer l'intérêt de prises en charge et surtout nécessité de faire des bilans diagnostiques pour mettre toutes les chances de son côté ensuite <br /> <br /> j'espère que vous allez avoir des réponses <br /> perso j'ai eu beaucoup d'interrogations non résolues ça m'a beaucoup marqué (rien que d'en parler ...)<br /> par contre un contact +++ et croissant avec cet enfant me faisant espérer que je n'étais pas totalement inutile<br /> il est nécessaire de réunir (oui pas facile ) une commission éducative le plus vite possible avec différents intervenants en expliquant mettre toutes les potentialités possibles à dispo pour travailler ensemble aider construire <br /> et sans laisser un retard ou du temps s'éterniser <br /> profiter justement du temps plus maléable de la maternelle pour mettre des stratégies en place avant 6 ans <br /> <br /> bon courage
A
Comment faire autrement ? Je crois que c'est impossible. Les "enfants d'après" on les regarde forcément différemment. Parce qu'on a des petits signaux d'alerte qui existent malgré tout, quoi qu'on y fasse. Je vous embrasse <3
Répondre
M
Oui et ça parait logique. Je vous embrasse aussi <3
B
J'ai envie de dire que heureusement que les mamans s'inquiètent pour leurs enfants et encore plus dans ce genre de situation. J'aurais trouvé bizarre de lire un article prônant le contraire. Certes, chaque enfant est unique mais bon, ça me paraît normal de s'inquiéter!!
Répondre
M
Oui a moi aussi mais certaines personnes pensent le contraire
B
bisous ♥<br /> <br /> et tu fais bien de venir l'écrire -le partager- ici <br /> bon courage
Répondre
M
Merci <3
M
Je trouve ton attention particulière actuellement tout à fait normale. Ce que l'on vit ou a vécu influe toujours sur notre manière de vivre à venir. Néanmoins ce qui est important et ce qui transparaît de manière évidente, c'est que tu "surveilles" l'agrume sans en aucun cas "l'empêcher" de grandir à sa manière. Je t'embrasse
Répondre
M
Tu as tout a fait saisi ma pensée et ma façon de faire