Etre parent d' un enfant " pas comme les autres"

Etre parent d' un enfant " pas comme les autres"

- C'est essuyer des regards de méfiance, remplis de peur et d'incompréhension, d'intolérance et de méchanceté parfois et d'autres de gentillesse, d'empathie et d'une bienveillance qui donne presque les larmes aux yeux.

- C'est ne pas se sentir vraiment parent, culpabiliser, penser que c'est de sa faute et se sentir stigmatisés par certaines personnes mais tellement valorisés par d'autres, avec des mots, avec des gestes.

- C'est se sentir fatigué, usé, vidé certains soirs ou l'espoir se fait un peu plus rare mais pouvoir compter sur l'autre pour reprendre des forces et repartir encore et toujours plus fort le lendemain.

- C'est se battre pour que son enfant ait la chance d'aller à l'école, d'y être accepter, d'y être considérer comme un petit élève comme les autres et avoir un peu plus de chaleur au coeur chaque matin en le voyant franchir le portail avec son petit cartable dans la main.

- C'est être frustré de ne pas pouvoir parler avec son enfant, ne pas savoir si il est content, heureux, mais le comprendre à travers ses échanges de regard si profonds et ses grands sourires accrochés en quasi permanence sur son visage.

- C'est baisser les yeux, courber l'échine, se faire le plus petit possible pour ne pas gêner alors que finalement on devrait bomber le torse, relever les épaules et garder la tête haute, encore et toujours.

-C'est sans le vouloir comparer quand on croise d'autres enfants du meme age, imaginer un instant celui qu'il aurait été sans ca et se retourner sur celui qu'il est avec fierté

- C'est devoir faire face différemment à des situations qui peuvent paraitre banales mais avec lesquelles il faut composer et avoir une vie de famille pas tout a fait comme les autres mais pas moins heureuse pour autant, au contraire. Et toujours être surpris par les capacités exceptionnelles d'adaptation de son enfant.

- C'est avoir beaucoup de peine que son enfant soit mis de côté par les autres mais se rendre compte qu'à la halte jeux ou à l'école, des petites filles et des petits garçons ne se préoccupent absolument pas de sa différence.

- C'est rencontrer un tas de spécialistes, devoir répéter 100 fois la même histoire, être souvent incompris, voir pas considéré et puis tomber un jour sur LE médecin qui effacera tout ce parcours souvent chaotique.

- C'est répondre mille fois à la question de savoir si il parlera un jour et s'entendre répondre mille autres fois " on ne sait pas " " on attend" "on espère" en croyant si fort au fond de soi que tout va se débloquer d'un seul coup.

- C'est souvent se débrouiller tout seul parce qu'une partie de la société n'est pas encore prête à accepter les gens qui ne rentrent pas dans le moule et se sentir en même temps si soutenu par l'autre moitié qui sait regarder les autres avec le coeur et pas qu'avec les yeux.

- C'est ne jamais trop penser au futur, ni au lendemain, et s'extasier souvent de petits progrès qui peuvent paraitre dérisoires mais qui au contraire sont capitaux quand on part de plus ou moins loin.

- C'est pleurer autant qu'on rit

- C'est changer, murir, grandir, un peu plus vite, un peu trop fort aussi,ouvrir grand ses yeux sur le monde et le voir autrement, plus joli.

- C'est hésiter à aborder le thème du handicap, ici, ailleurs, et se dire que son enfant n'est pas moins bien qu'un autre, qu'il est comme ça, pas autrement, et que ne pas parler de lui ce serait comme nier son existence, le renier même.

- C'est écrire sur lui ici pour peut être changer les points de vue, ouvrir les consciences, amoindrir les peurs et faire que la prochaine fois que vous rencontrerez un parent d'enfant "handicapé" vous le verrez peut être autrement.

- C'est comme avec tous les enfants, de l'amour, de l'amour et encore de l'amour...

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aurélie ribeaucourt 18/06/2016 09:13

je vis la même chose pour ma puce de 5 ans . TSA non verbal ....
<3 j'aurai pu écrire la même chose votre texte me refléte <3

Véronique 17/06/2016 22:56

Quel beau témoignage. J'admire ta, votre, force.
A chaque photo je me dis que cet enfant dégage une lumière merveilleuse. Il respire l'amour et la joie de vivre.
le regard de notre société n'est certes pas tendre avec les enfants qui ne rentrent pas dans le moule (je l'ai connu avec mon grand pour d'autres raisons) mais au final nos enfants et nous nous sommes plus fort.

Sheily 17/06/2016 22:35

Touchée au coeur !

PetitDiable 17/06/2016 15:44

Toujours autant d'amour dans tes mots. <3

Béatrice 17/06/2016 13:57

= être parent d'un enfant extraordinaire !
Plein de bises !

Barbara 17/06/2016 21:35

et
des parents extraordinaires

MarieL 17/06/2016 13:52

Merci de savoir trouver les mots qui nous manquent souvent, à nous parents d'enfants merveilleux, pour exprimer les courants contraires d'émotions qui nous submergent au quotidien.
Je crois que je vais conserver ce texte (si vous le voulez bien ?) pour le mettre en couverture de l'énoooorme dossier qui accompagne les innombrables rendez-vous en tout genre de mon petit garçon. Merci

Barbara 17/06/2016 13:40

merci

bisous à vous 5 ,chacun avec vos particularités et richesses

Chrystel 17/06/2016 11:53

Mon fils, Louis a une trisomie 21 et a 5ans1/2... je me retrouve sur pas mal de points. Nous avons des enfants EXCEPTIONNELS malgré leur différence.

lespetitesm 17/06/2016 11:31

pfff! je touche à peine du doigt ce que tu décris. Merci pour ce témoignage.

Elodie Minet 17/06/2016 11:16

Mon petit garçon a un ted (autisme infantile léger) et je me retrouve complètement encore une fois dans ce texte.

Bonne journée et vive les petits progrès quotidiens :)

isavoyage 17/06/2016 11:16

C'est faire pleurer d'émotion une inconnue qui te lit.
Love, love & love !

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