De loin, de rien, à ma façon...

De loin, de rien, à ma façon...

Je ne suis pas parisienne...

Je n'ai pas entendu le bruits des sirènes, des hélicoptères, des explosions. Je n'ai pas vu les camions de pompiers, les fleurs et les bougies par terre, les gens qui pleurent et qui se recueillent autrement qu'à la télévision.

Je vis en Province, je suis loin de la capitale et pourtant je ne cesse de penser à ceux qui y ont perdu quelqu'un, à ceux qui y vivent, chaque jour.

J'y pense non parce que j'ai peur. Le peuple parisien n'a pas besoin de peur, ni de la nôtre ni de la leur. Le climat est bien assez difficile, lourd, pesant comme ça pour rajouter encore un peu plus de terreur dessus. Mais je comprends que certains,même loin, puisse avoir la trouille. Celle que l'on ne contrôle pas, la faute à son coeur, aux médias, aux discussions qu'on peut avoir avec Pierre, Paul, Jacques, on s'emballe, on ne réfléchit pas toujours.

Et puis peut être aussi parce que demain, on ne peut être sûr de rien ,ça peut arriver près de chez nous. Anticiper ne sert à rien je vous l'accorde mais ce bon vieil instinct de survie est assez fourbe parfois.

J'y pense donc parce d'aussi loin que je puisse être, aussi ridicules qu' inutiles peuvent paraitre mes pensées, mon soutien, les images de vendredi dernier, les visages, les noms, la peine ne me quittent plus. J'y pense chaque jour, à ma façon, sans avoir perdu personne, sans être confrontée directement au coin de ma rue à tout ce qui rappelle ces quelques minutes d'horreur, sans avoir aucune crainte quand je sors de chez moi, quand j'amène mes enfants à l'école, quand je vais dans les magasins.

Oui j'allume des bougies sans même savoir à quoi ressemble les quartiers ou les attentas ont eu lieu. Je retourne boire des cafés en terrasse, gestes qui peuvent paraitre ridicules et faciles à faire depuis là ou je vis mais qui sont pour moi, bêtement, des petits symboles de " je suis avec vous par la pensée" même si je ne saurai jamais ce que vous vivez au quotidien. Je danse, j'aime, je crie, je bois , je vis, comme si tout pouvait s'arrêter ou recommencer demain.

C'est Paris qui a été meurtri, c'est la France, donc pour moi c'est tous ensemble qu'on doit faire bloc, qu'on soit sur place ou qu'on soit loin. Le vivre ensemble, ça se fait même quand des centaines de kilomètres nous séparent. Le MEME PAS PEUR doit être une valeur universelle.

On n'est pas tout à fait dans le même bâteau parce que je ne vis pas à Paris mais on fait tous parti du même équipage et la devise de paris pourrait être celle du peuple français tout entier, moi ça me fait du bien de le penser et d'y croire.

Vendredi prochain, je serai à Paris et je n'ai pas peur.

Je dirai même free hugs de rigueur

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kokeshi 21/11/2015 22:43

Tes mots résonnent en moi et viennent de me donner de la force !
Et une clé que je cherchais depuis de nombreuses années je crois...
Alors Merci.

Joli weekend à votre Famille.

Lorelei 20/11/2015 14:02

j"aime te lire et ce message est vraiment hyper touchant... je pense qu'on pense tous un peu comme toi et que ça fait mal, ça fait peur et c'est nul.....
tous les jours quand je regarde les infos, je me dis "encore?" tous les jours de nouveaux attentats, des morts... j'ai l'impression d'être dans un épisode d'Homeland depuis une semaine...

bizzz

Barbara 20/11/2015 10:04

c'est bête d'écrire " pareil"
mais pourtant j'aurais pu écrire ces lignes (sauf en plus famille sur Paris)
donc pas grand chose à ajouter tu as tout bien résumé

si:

résister
vivre /sortir/ agir / aider/ s'entre-aider/ écouter/ fraterniser ...
ne pas oublier mais avancer
pour reconstruire

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