Il n'y a pas de petite souffrance

Il n'y a pas de petite souffrance

C'est un coup de fil Lundi après midi qui m'y a fait repenser. Non pas que j'ai déjà oublié mais comme mon corps commence à reprendre le dessus, j'ai tendance à un peu éluder la chose, autant qu'on le puisse quand on a trois enfants dont il faut s'occuper, des journées bien remplies, et des nuits pas toujours calmes.

Une voix à l'autre bout du fil me demandait quand j'avais pris les fameux comprimés et la date de mes dernières règles. Le 27 Mars et je ne me rappelle plus très bien.

Je ne pensais pas en parler ici, parce que j'ai déjà trois enfants, parce que ça arrive à beaucoup de femmes et que je voulais le garder pour moi.

Tout ça c'était avant que je ne constate la banalisation de la fausse couche et de la souffrance des femmes qui en vivent une.

Evidemment,dans mon cas par exemple, j'ai déjà une famille, je n'ai à priori à l'heure actuelle aucun mal à tomber enceinte, et pourtant ça fait mal quand même au fond, tout au fond.

Peut être parce que ça m'est déjà arrivé une fois, que j'ai toujours cette envie de bébé en moi, que je vieillis, que je ne sais pas si une grossesse se représentera un jour, mais aussi parce que mon corps a mis plus de temps à s'en remettre presque trois mois.

Le 13 Mai après ce que je peux appeler la trouille de ma vie avec suspicion d'hémorragie j'ai eu la chance de tomber sur une équipe médicale au top, évidemment puisque c'était celle de la maternité, une prise en charge, un soutien et une écoute précieuse.

Après coup, j'ai pensé à toutes ces futures mères à qui on dit " il vaut mieux que ça arrive maintenant " " vous êtes encore jeunes, vous avez le temps" et à toutes ces phrases bateaux qu'on peut entendre.

Qu'on ne devrait plus entendre justement.

Je pense au contraire qu'il ne faut minimiser aucune douleur physique ou psychologique, ni celle là ni une autre.

Et alors que j'échangeais hier avec Babils et chuchottis, elle m'a dit une phrase très juste et je partage cette façon de voir les choses a 100 % : " Si on se mettait à la place des autres, on changerait de regard sur beaucoup de choses"

Vous savez la paille dans l'oeil de nos voisins, la poutre dans le notre, alors qu'on a jamais vraiment chercher à creuser, à comprendre.

J'ai presque 40 ans, j'ai trois enfants, j'ai fait une fausse couche récemment et je ne veux pas qu'on me plaigne, surtout pas.

Je voudrais juste qu'on ouvre les yeux et qu'on voit...

Il n'y a pas de petite souffrance !

Et la prochaine fois que moi, vous, croiserez une copine, une voisine, une soeur, une amie à qui s'est arrivé, j'espere qu'on trouvera les bons mots, les plus justes.

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mamiedo 05/01/2016 13:42

40 ans après, j'y pense encore... le premier, rêvé voulu attendu...mais sans cette perte mon aînée ne serait pas. Un bébé en devenir qui n'a eu de réalité que pour ses parents mais dont le trop bref passage reste à jamais.

lizzie 16/07/2015 14:33

Je partage votre souffrance et suis de tout coeur avec vous. Je vous remercie d'avoir partagé cela avec nous. J'ai une petite fille en bonne santé mais depuis, en quinze mois, j'ai perdu trois bébés, oui trois fausses couches. Lors de la première, je suis allée à la maternité où j'ai été reçu par un interne prenant un air dégoûté en m'oscultant... l'horreur... je suis restée couchée 10 jours, puis j'ai repris le travail, les trois mois approchés, j'ai fait une écho, le verdict est tombé, je suis retourné à la maternité où un médecin m'a fait attendre trois heures pour me donner un numéro. Je lui ai demandé où cela se passerait, elle m'a répondu: "pas ici, ici on fait naître des bébés!" Je venais d'apprendre que mon petit bout de 14SA n'était plus... je suis sortie j'ai croisé une sache-femme qui m'a dit les "phrases bateaux". J'ai attendu trois semaines avant d'être "opéré". J'ai attendu un an en y pensant tous les jours. La période du terme est toujours très douloureuse... Les deux autres fausses couches aussi ont été douloureuses, mais j'ai eu la chance de rencontrer un obstétricien fin psychologue avec qui on peut parler.
Oui nous devons faire le deuil de ces enfants et nous devons laisser à notre âme et à notre corps l'espace, si ce n'est le temps de se consoler, de se retrouver.
Encore merci de parler de cette souffrance si intime, voire indicible, que l'entourage tant à minimiser.

Biduline 18/06/2015 21:46

Ce n'est pas banal de vivre ça. Et en effet la souffrance des femmes ayant fait une fausse couche est souvent minimisée.
Grosses pensées pour toi.

Anyo 18/06/2015 11:06

Je ne sais pas quoi te dire, peur d'être maladroite... mais merci d'avoir écrit ces mots. C'est important que cette souffrance soit connue et reconnue!

swettylux 18/06/2015 10:35

je pense que le mieux c de soutenir la personne et de l'aider a avancer !
c triste ca c sur une grosse pensée a toutes !
des bisouss

marjibk 18/06/2015 10:00

Pleins de pensées pour toi...
Il vaut mieux parfois se taire que de dire des choses maladroites.

PetitDiable 18/06/2015 09:51

On est très nombreuses à avoir vécu ça, et en effet, la souffrance est minimisée en général par l'entourage...Je suis désolée pour toi. Plein de bisous.

Marion 18/06/2015 05:13

Tellement juste... J'ai vécu cela (différemment) en début d'année... Et les phrases sont souvent bateaux et la souffrance rarement évoquée. Même si les meilleures intentions sont souvent là, se mettre à la place de l'autre permet une compréhension accrue... Des grosses pensées pour nous toutes à qui cela est arrivé...

Madame 17/06/2015 23:51

Je suis désolée, j'ai eu mon premier comme "ça" , ma fille est née après 2 ans de PMA et une opération, l'horreur alors en effet on change de regard

Céline Walea 17/06/2015 23:04

Je suis désolée,vraiment. De tout coeur avec toi et plein de douces pensées.

cleopat 17/06/2015 21:48

J'espère que je saurais trouver les mots si ça se présentait Mais déjà pour te dire combien je suis triste de ce qui t est arrivé, ça n est pas si simple ! Par contre je comprends ta peine et ta douleur et personne n'a le droit de les minimiser Juste un peu plus d empathie, mais aussi un peu moins de jugements égoïstes,aveugles et gratuits, ça pourrait aider chacun de nous, dans les moments difficiles !

bbb's mum 17/06/2015 21:48

<3

Bg_bibliopathe 17/06/2015 21:48

Je pense fort à toi... <3

Patricia 17/06/2015 21:43

Comme je vous comprends... J'ai fait deux fausses couches, une en septembre a deux mois de grossesse et une en mars, à trois mois pile. Les deux plus grosses souffrances de ma vie. Une souffrance, comme vous le dîtes, absolument pas considérée ni par mes proches, ni par l'équipe médicale qui m'avait prise en charge les deux fois. Les mêmes phrases stupides, les "vous en avez déjà une, dites vous que vous avez de la chance". La perte d'un bébé est une chose atroce, ça brise, intensément. Remonter la pente est dure, et le plus souvent nous devons nous remettre debout seule. J'ai compris grâce à une psy formidable que je devais vivre cette épreuve comme un deuil. La société devrait permettre aux femmes de vivre la perte d'un enfant comme un deuil..

Paya 17/06/2015 21:37

On m'a dit "au moins, ça prouve que votre corps est capable de tomber enceinte, que la machine est à nouveau en marche". J'avais déjà un enfant, je venais d'apprendre ma grossesse (6 ou 7 SA ?), j'étais en plein voyage scolaire à l'étranger. J'ai dû cacher ma souffrance physique et psychique aux élèves qui ignorent encore aujourd'hui la raison médicale pour laquelle je suis rentrée deux jours après eux, par avion, quand eux ont pris le ferry pendant 17h, j'étais loin de mon homme, de mon aîné qui avait déclaré la varicelle en mon absence, dans des services hospitaliers où je devais verbaliser mes symptômes dans une autre langue que la mienne, culpabilisant en plus de priver mes collègues d'une accompagnatrice. Je l'ai perdu (e) dans un horrible WC de station essence, dégueulasse, obligée de laver rapidement le sang dans la cuvette, avec des élèves qui attendaient derrière une porte miteuse, obligée de feindre que tout allait bien et de faire taire cette souffrance. Malgré tout, je m'estime heureuse de n'avoir pas eu longtemps à l'investir, car je n'ose imaginer ma souffrance alors.

Les carnets de Manou 17/06/2015 17:02

Non il n'y a pas de petites souffrance, comme tu le dis si bien...quelque soit notre âge et quelque soit le nombre d'enfants qu'on a déjà...j'ai mis 10 ans à avoir mon fils....je vais avoir 38 ans, l'envie d'un second est présente....trés présente....mais j'ai la trouille....alors je suis désolée que tu ai dû vivre cela et je t'envoie toutes mes bonnes ondes

MaVieMonOeuvre 17/06/2015 16:10

Qu'ont ait 20 ans ou 40 ans, faire une fausse couche est toujours aussi terrible, une petite part de nous s'échappe, de l'amour qu'on avait déjà pour ce tout petit... Je l'ai vécu aussi, certes à 26 ans, ce qui m'a valu ces fameuses phrases "vous êtes encore jeune, c'est rien", mais non ce n'est pas rien. Je suis bien desolee pour vous et jespere que vous arriverez à non seulement faire ce petit dernier qui vous tient à coeur, mais aussi à vous remettre un petit peu de la perte de celui-ci.

coco 17/06/2015 15:43

Pour en avoir fait une il y a 9 mois...
Pour l'avoir attendu 3 ans
Pour avoir la quarantaine approchant dangereusement et deux enfants....
Pour avoir fait un joli mamanburn août quelques semaines après car je ne m'écoutais pas
Pour avoir tournée la page car trop dur à remonter la pente et trop peur que cela recommence.
Je suis de tout coeur avec toi, c'est une souffrance intérieure partageable mais trop souvent mal entendue...
Courage...recentre toi et tes loulous....prends soin de toi.... ☺

Marjolaine Mamour 17/06/2015 15:29

Je ne l'ai jamais vécu mais je ne peux qu'imaginer. J'ai fait un décollement pendant ma première grossesse et ma gynéco me parlait comme si tout était fini et j'ai entendu ces phrases là (alors qu'en fait, il s'est quand même accroché). Toutes ces phrases bateau sont nulles et vides de sens. Je pense fort à toi <3

Cathy 17/06/2015 14:53

Peut être parce que ca m'est arrivé 3 fois, je comprends ce mal et cette souffrance qui sont les tiennes. Courage ! Des pensées !

anyuka 17/06/2015 14:37

Je t'embrasse fort.

Béatrice 17/06/2015 14:36

Plein de pensées ... <3

La vie en Tisanie 17/06/2015 13:46

Je ne compte pas le nombre de personnes qui m'ont dit 'allez, c'est pas grave, ce n'était que des amas de cellules, pas encore des vrais bébés!'
La première fois j'ai fait comme s'il ne s'était rien passé, d'ailleurs je suis retombée enceinte 15 jours plus tard comme pour effacer, sans prendre le temps de faire le deuil de ce bébé parti (oui, je dis bébé volontairement, même à 7SA...). Je l'ai payé lors de la 2nde fausse-couche. Le seul conseil que je puisse donner aujourd'hui, c'est d'accepter le fait que l'on a perdu un bébé, de ne pas le minimiser malgré tout ce que l'on entend. Parce que la douleur est belle et bien là.
En tous cas, je t'envoie plein de pensées réconfortantes. Et merci d'avoir partagé ça avec nous.

Barbara 17/06/2015 17:20

comment peut on dire ça "amas de cellules"
mais quelle horreur
quel manque de compassion

Mezémamalo 17/06/2015 13:43

<3

Barbara 17/06/2015 13:21

je suis tout à fait d'accord avec toi
ch souffrance est à écouter ,prendre en compte, respecter
les dites comme les non dites et pour celà il faut être à l'écoute et bienveillant

c'est bien d'en avoir parlé
pour celles qui justement on été mal accueillies ou rabrouée et culpabilisent (alors que ce n'est absolument pas leur faute)
en parlant échangeant justement on perçoit mieux l'autre on s'ouvre non pour comparer mais pour partager
bravo et aussi bon courage

Barbara 17/06/2015 14:47

"ont" été bien sûr
rabrouées s
.....................
du coup re des bisous sincèrement

MissBrownie 17/06/2015 12:20

Chaudoudoux et câlinous

Barbara 17/06/2015 13:21

oui ♥

miss thelma 17/06/2015 11:20

Ho que je comprends .... personellement j ai aussi minimisé les choses , en me disant que si ca arrivait c est qu il y avait une raison , qu il valait mieux que ca arrive maintenant etc... je pense que c est aussi pour mieux "digerer" la nouvelle et s y "faire" .... quand en plus l hopital ne te donne qu un seul jour d arret maladie parce que tu as pleuré et réclamé, effectivement tu n as pas trop l impression que ta souffrance est prise en compte....

Ginie 17/06/2015 11:18

Je ne l'ai jamais vécu personnellement mais une amie très proche a vécu ce douloureuse moment en début d'année, elle qui attendait ce 1er enfant avec tant d'impatience. Elle se relève tout juste de cette épreuve et je comprends ce que tu veux dire, avec toute la retenue dont tu fais preuve. Qu'on ne vienne pas te dire "mais tu en as déjà 3 !", ça reste une terrible épreuve ! Je suis contente que tu aies été bien entourée. J'espère que ça ira, tu sais qu'on est là. Des bisous

Vanessa Mère Débordée 17/06/2015 11:13

Même en ce mettant à la place des autres, ils ne pourront comprendre tant qu'ils ne l'auront vécus, parce qu'ils ne peuvent pas comprendre les sentiments qui nous animent.
4 fausses couches avant d'avoir mes enfants, dont une à 14 SA..
Ca restera toujours là, ce sera toujours une souffrance et j'aurais toujours une pensée pour tout ces gens qui pensais me réconforter et n'ont fait que le contraire...

Pimpiche 17/06/2015 10:52

Moi aussi ça m'est arrivé... Déjà maman d'un garçon de 12 mois je m'étais rendu à la 1ère écho et là , le choc, l'incompréhension la plus totale. Pas de rythme cardiaque ! Et tout est allé très vite. L'explication du gynécologue , les paroles pas toujours adaptées des gens " vous en ferez un autre...", l'intervention et puis ce vide. Ce ventre vide . Il a fallu accepter,rebondir et avancer mais j'y pense parfois comme une trace indélébile ...

MamieVlin 17/06/2015 10:30

Je suis sincèrement désolée d'apprendre que tu as vécu d'aussi tristes moments. Une fausse couche, ce n'est jamais banal, qu'on ait déjà eu des enfants ou pas, c'est moche que cette souffrance ne soit pas mieux prise en compte. J'ai eu la chance de ne pas avoir à vivre ça, mais j'ai pas mal d'amies qui sont passées par là, c'est toujours dur de trouver les mots pour chacune d'elles. La vie est belle, mais si dure aussi parfois. Je t'embrasse et t'envoie un big hug virtuel ! ;o)

diamanta0801 17/06/2015 10:27

C'est vraiment très difficile de passer par là ! JE ne l'ai jamais vécu mais j'ai vu la souffrance de mes amies qui l'avaient fait... :( Bizxx & bon courage... Au moins, tomber sur une bonne équipe permet de "mieux" vivre ce moment.... :(

cookingsev 17/06/2015 10:19

Je suis désolé pour toi. Oui il n'y a pas de petite souffrance, étant passée par là y'a quelques mois, je sais bien de quoi tu parles, c'est dur de s'en remettre. J'aurais aimé comme toi tomber sur un personnel médical compréhensif.
Bisous

Despe 17/06/2015 10:14

Evidemment que c'est toujours une souffrance, chacune la vit à sa manière c'est tout. Comme tu dis, la paille et la poutre... Rajoute à ça le côté hormonal, c'est impossible d'éluder et forcément long pour s'en remettre. Bon courage.

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